Le permis d'urbanisme en Belgique en 2026 : quand est-il requis et comment le demander ?
Wallonie, Bruxelles et Flandre appliquent trois régimes distincts, avec leurs propres seuils, leurs propres délais et leur propre vocabulaire. Voici ce que chaque autorité impose elle-même — dispenses, procédure, délais et sanctions — et pourquoi un seuil valable dans une Région ne dit rien de la voisine.
Mis à jour le 18 septembre 2026

Presque tout chantier commence par la même question, et elle est presque toujours posée trop tard : ai-je besoin d'un permis ? La réponse ne conditionne pas seulement votre planning. Réaliser des actes et travaux sans le permis requis est une infraction dans les trois Régions du pays, et la sanction la plus lourde n'est pas l'amende : c'est l'ordre de remettre les lieux dans leur état antérieur.
Premier réflexe à prendre : c'est la Région où se situe le bien qui décide, pas la langue de votre dossier ni la commune où vous habitez aujourd'hui. Et les trois instruments ne sont pas des traductions l'un de l'autre. Le *permis d'urbanisme* wallon relève du CoDT, le *permis d'urbanisme* bruxellois du CoBAT, et la Flandre a un instrument distinct, l'omgevingsvergunning, avec sa propre liste de dispenses. Cet article traite les trois dans cet ordre.
Wallonie : ce qui est soumis à permis, et ce qui en est dispensé
Le livre IV du CoDT détermine ce qui est soumis à permis et comment le permis est délivré. L'article D.IV.4 énumère les actes : construire ou utiliser un terrain pour le placement d'installations fixes, placer des enseignes ou dispositifs de publicité, démolir, reconstruire, transformer une construction existante (sauf simples travaux d'entretien), créer un nouveau logement dans une construction existante, modifier la destination d'un bien, modifier sensiblement le relief du sol, boiser ou déboiser, abattre des arbres isolés à haute tige ou des arbres et haies remarquables, et utiliser habituellement un terrain pour le dépôt de véhicules, matériaux ou déchets ou pour des installations mobiles.
La demande se dépose auprès de l'autorité compétente : dans la plupart des cas le collège communal, et pour les personnes de droit public, les travaux d'utilité publique et certaines zones ou périmètres, le fonctionnaire délégué. Le portail régional annonce le délai sans détour : « Délai d'obtention du permis : de 30 à 115 jours (selon la procédure) dès que votre demande est déclarée complète. » La dématérialisation existe mais se déploie progressivement : elle ne concerne aujourd'hui que les permis de compétence régionale, et uniquement dans une liste de communes pilotes.
Les dispenses figurent dans la nomenclature de l'article R.IV.1-1 du CoDT — et elle a été intégralement remplacée. L'arrêté du Gouvernement wallon du 10 avril 2025 en remplace le texte ; son article 7 dispose : « Le présent arrêté entre en vigueur le 1er mai 2025 », les rubriques U1, V1 et V2 entrant en vigueur le 1er juillet 2025. Toute liste de dispenses antérieure à cette date donne des chiffres périmés. Voici les rubriques qui concernent le plus souvent une habitation :
| Rubrique R.IV.1-1 | Ce que l'arrêté du 10 avril 2025 exonère de permis |
|---|---|
| A.1 — enveloppe, isolation | Le placement de matériaux de parements d'élévation ou de couvertures de toiture formant l'enveloppe du bâtiment, ou leur remplacement, en vue d'atteindre les normes énergétiques en vigueur, à condition que les matériaux présentent le même aspect extérieur et que l'accroissement d'épaisseur n'excède pas 0,30 m |
| A.7 — châssis et portes | Le placement ou le remplacement de portes ou de châssis, en élévation ou en toiture, par des portes ou des châssis visant à atteindre les normes énergétiques en vigueur |
| C.1 — véranda | Une seule par propriété, érigée en contiguïté avec un bâtiment existant et à l'arrière de celui-ci par rapport à la voirie de desserte, implantée à 2,00 m minimum de la limite mitoyenne, d'une superficie maximale de 40,00 m², sans étage, avec 3,00 m sous corniche et 5,00 m au faîte, en structure légère et parois majoritairement en verre ou en polycarbonate |
| G.1 — abri de jardin ou remise | Un seul par propriété, dans les espaces de cours et jardins, non visible de la voirie ou situé à l'arrière du bâtiment, implanté à 1,00 m au moins des limites mitoyennes, d'une superficie maximale de 20,00 m², avec 2,50 m à la gouttière et 3,50 m au faîte |
| H.1 et H.2 — piscine extérieure | Une seule par propriété, dans les espaces de cours et jardins et non visible depuis la voirie. Hors sol ou autoportante à 1,00 m au moins des limites mitoyennes ; enterrée partiellement ou complètement à 3,00 m au moins des limites mitoyennes, superficie maximale de 75,00 m², à usage privé |
| L.1 — panneaux solaires | Le placement de modules de production d'électricité ou de chaleur d'origine solaire intégrés dans ou placés sur un bâtiment existant, en façade ou en toiture, ainsi que l'installation de stockage qui y est associée et localisée sur la même propriété |
Source : SPW Territoire — Arrêté du Gouvernement wallon du 10 avril 2025 remplaçant l'article R.IV.1-1 du CoDT, consulté le 18 septembre 2026. Chaque rubrique s'applique à des conditions cumulatives ; ceci est un résumé des rubriques « habitation », pas la nomenclature complète.
Deux avertissements que la Région formule elle-même. D'abord : « N'entreprenez pas de travaux sans vous renseigner préalablement auprès du service de l'urbanisme de la commune sur laquelle le bien est situé. Même si vous pensez en toute bonne foi que vos travaux ne nécessitent aucune autorisation, demandez confirmation à votre commune. » Ensuite : les guides communaux d'urbanisme peuvent eux-mêmes imposer un permis pour des travaux que la Région dispense. La nomenclature est un plancher régional, pas une garantie locale.
Bruxelles : les dispenses sont limitatives, et conditionnelles
En Région de Bruxelles-Capitale, les actes et travaux dispensés sont ceux cités de manière exhaustive dans l'arrêté du 13 novembre 2008, dit « arrêté dispenses ». Et la condition d'entrée compte autant que la liste : la dispense ne joue qu'à condition que les travaux ne soient pas contraires à la règlementation urbanistique en vigueur — PPAS, RRU, RCU. Autrement dit, le règlement régional et le règlement communal décident en partie si la dispense tient dans votre rue.
- Les travaux de transformation ou d'aménagement intérieurs sont dispensés, sauf s'ils impliquent des travaux de stabilité, une modification du nombre ou de la répartition des logements dans un immeuble d'habitation (ou du nombre de chambres dans un établissement hôtelier), un changement de destination des lieux, ou un changement d'utilisation soumis à permis par le Gouvernement.
- Les panneaux capteurs solaires ou photovoltaïques sont dispensés pour autant qu'ils soient non visibles depuis l'espace public. C'est un critère de visibilité, pas de plan de toiture — il ne se transpose ni au régime flamand ni au régime wallon.
- Le remplacement des châssis est dispensé pour autant que les formes initiales soient maintenues — y compris les cintrages, divisions apparentes et parties ouvrantes et dormantes — et que l'aspect architectural du bâtiment ne soit pas modifié.
- La modification de la couleur d'une façade ou la réalisation d'une fresque murale est dispensée pour autant qu'il ne s'agisse pas de la façade avant et qu'elle ne soit pas située à moins de 20 mètres d'un bien protégé.
- La démolition sans reconstruction d'annexes de moins de 100 m² de superficie de plancher est dispensée, pour autant que la démolition n'implique pas de travaux de stabilité des constructions maintenues, que le ragréage des murs découverts soit assuré, que les constructions démolies soient remplacées par des espaces de cours et jardins, et qu'elles ne soient pas visibles depuis l'espace public.
- Les aménagements de terrasses, chemins, clôtures et piscines sont dispensés pour autant qu'ils se trouvent en zone de cours et jardins et qu'ils respectent les seuils imposés par l'arrêté — surfaces, hauteurs maximales.
Les délais bruxellois sont fixés par le CoBAT et se comptent en jours calendrier (article 12/1). Le délai de décision court à compter de l'envoi de l'accusé de réception du dossier complet ; en l'absence d'accusé de réception ou d'avis de dossier incomplet dans les 45 jours de la réception de la demande, le délai commence à courir le 46ème jour. Pour le collège des bourgmestres et échevins (article 156 §2) : 75 jours sans intervention du fonctionnaire délégué ni mesures particulières de publicité, 90 jours avec l'une des deux, 160 jours avec les deux. Pour le fonctionnaire délégué (article 178 §2) : 75 jours sans mesures particulières de publicité, 160 jours avec, 450 jours avec étude d'incidences. Chacun de ces délais est prolongé de 30 jours lorsqu'il expire durant les vacances d'été.
Flandre : l'omgevingsvergunning, et ce qui a changé le 1er mars 2026
Si votre bien se situe en Région flamande — c'est le cas de beaucoup de francophones dans la périphérie bruxelloise — le vocabulaire change entièrement. La Flandre range les actes urbanistiques en trois régimes : soumis à permis (omgevingsvergunning), soumis à déclaration (*melding*) et dispensés. Les pages d'information de vlaanderen.be s'ouvrent toutes sur la même phrase : « We lichten hier de regels toe zoals ze gelden vanaf 1 maart 2026 » — les règles telles qu'elles s'appliquent depuis le 1er mars 2026. Une brochure ou un fil de discussion plus ancien peut donc décrire un régime périmé.
| Travaux | Ce que la Flandre fixe elle-même |
|---|---|
| Travaux d'entretien | Aucun permis. Il s'agit de travaux, autres que des travaux de stabilité, qui préservent l'usage de la construction : remplacer un enduit endommagé, remplacer chevrons, liteaux et ardoises sans remplacer la charpente, peindre ou badigeonner les façades |
| Transformations intérieures | Dispensées, à condition qu'il n'y ait pas de changement de fonction soumis à permis, que le nombre de logements reste inchangé et que le bâtiment soit principalement autorisé. Nouvelle cuisine, nouvelle salle de bain, isolation par l'intérieur, remplissage des murs creux et même le remplacement d'un mur porteur par une poutre sont cités en exemple — avec un architecte dès qu'il y a travaux de stabilité |
| Travaux en façade et en toiture | Dispensés à condition que le volume bâti physique n'augmente ni ne diminue et que la performance énergétique ne se dégrade pas. Poser une fenêtre de toit sans modifier la structure portante, ou créer ou condamner une baie, est cité en exemple |
| Isolation par l'extérieur | Dispensée jusqu'à une épaisseur maximale de 26 cm, finition comprise, sans dépasser l'alignement (*rooilijn*) : si votre façade avant borde le trottoir, un permis est requis pour l'isoler |
| Panneaux solaires | Dispensés sur toiture plate jusqu'à 1 mètre au-dessus du bord de toiture, intégrés dans ou posés sur le pan de toiture incliné, fixés en façade jusqu'à quatre mètres carrés au total par façade, ou fixés à un garde-corps de balcon |
| Extension : véranda, buanderie, garage, carport, pool house | Soumise à permis. Et c'est le changement le plus souvent manqué : « Sinds 1 maart 2026 is de meldingsplicht voor deze werken afgeschaft » — depuis le 1er mars 2026, la déclaration est supprimée pour ces travaux et un permis est requis ; les procédures de déclaration en cours sont encore traitées |
| Annexe isolée : abri, garage, pool house, serre | Dispensée jusqu'à 40 m² d'annexes isolées par habitation au total, existantes comprises, 3,5 m de haut maximum, entièrement dans un rayon de 30 mètres de l'habitation, à 3 mètres de la limite parcellaire en jardin latéral ou 1 mètre en jardin arrière |
| Revêtements : accès, terrasse, gazon artificiel | Toujours dispensés : un seul accès carrossable de 3 mètres de large maximum et un seul accès à la porte d'entrée de 1,5 mètre maximum, entièrement en jardin avant. Pour le reste, dispense jusqu'à 80 m² de constructions basses non couvertes en jardins latéral et arrière, sans volume bâti, pas plus de 1,5 m au-dessus du sol, à 1 mètre de la limite et dans les 30 mètres de l'habitation — piscines comprises dans ce total |
Source : vlaanderen.be — Stedenbouwkundige handelingen, pages « renoveren », « uitbreiden en aanbouwen », « zonnepanelen », « vrijstaande bijgebouwen », « verhardingen » et « zwembaden », consultées le 18 septembre 2026. Règles applicables depuis le 1er mars 2026.
Mettez les deux tableaux côte à côte et l'enseignement saute aux yeux : la même véranda de 36 m² à l'arrière d'une maison mitoyenne est soumise à permis en Flandre et dispensée en Wallonie si elle remplit les conditions de la rubrique C.1. Même les dispenses qui se ressemblent ne coïncident pas : la Flandre tolère l'isolation extérieure jusqu'à 26 cm d'épaisseur totale, finition comprise, la Wallonie jusqu'à un accroissement d'épaisseur de 0,30 m. Ce sont deux mesures différentes de deux autorités différentes — et l'exemple publié par la Flandre elle-même sépare bien les deux questions : ce couple qui ajoute une véranda de 36 m² n'a pas besoin d'architecte, mais doit demander un permis.
Côté procédure, la Flandre annonce un accusé dans les trente jours sur le caractère complet et recevable du dossier, une décision attendue dans les trois mois (procédure sans enquête publique) à six mois (avec enquête publique) — des délais que l'administration qualifie elle-même d'indicatifs et non contraignants — trente jours pour introduire un recours en cas de refus, et, en cas d'octroi, un affichage obligatoire : les travaux ne peuvent commencer qu'à partir du 35ème jour suivant l'affichage, période pendant laquelle des tiers peuvent encore introduire un recours. Pendant une enquête publique, chacun dispose de 30 jours pour introduire une réclamation en ligne.
Ce que vous risquez en construisant sans permis
À Bruxelles, l'article 300 du CoBAT énumère les comportements qui constituent une infraction urbanistique — dont réaliser des actes et travaux sans le permis requis, ou de manière non conforme à celui-ci. Ce sont des infractions pénales (article 306), susceptibles de conduire devant le tribunal correctionnel. Outre la peine, ce tribunal peut ordonner (article 307) la remise des lieux dans leur état antérieur, la réalisation de travaux d'aménagement, ou le paiement d'une somme correspondant à la plus-value acquise par le bien. Le fonctionnaire sanctionnateur régional peut, lui, infliger des amendes administratives (article 313/5). Et la mise en garde que l'administration formule elle-même : « le paiement de l'amende administrative ne signifie pas que la situation du bien est régularisée » — il faudra ensuite remettre les lieux en état ou obtenir un permis de régularisation. Parmi les infractions les plus fréquemment constatées à Bruxelles figure précisément l'extension d'un immeuble par la construction d'une véranda.
En Wallonie, l'article D.VII.1 du CoDT fait du non-respect des prescriptions du plan de secteur et des normes du guide régional d'urbanisme une infraction urbanistique, sauf si les actes et travaux sont exonérés de permis ou ont été autorisés en dérogation. C'est exactement pourquoi les rubriques ci-dessus se lisent avec leurs conditions cumulatives et pas seulement avec leurs mètres carrés.
En Flandre, l'article 6.2.1 du Vlaamse Codex Ruimtelijke Ordening punit l'exécution d'actes soumis à permis sans permis préalable, ou en contradiction avec celui-ci, d'un emprisonnement de huit jours à cinq ans et d'une amende de 26 euros à 400.000 euros, ou de l'une de ces peines seulement ; poursuivis administrativement, ces faits sont sanctionnés d'une amende administrative alternative de 50 euros à 2.000.000 d'euros. L'article 6.2.2 y ajoute les « infractions », sanctionnées d'une amende administrative exclusive de 50 euros à 400.000 euros — dont deux touchent directement un particulier : exécuter des actes soumis à déclaration avant la prise d'acte, et exécuter des travaux sans le contrôle d'un architecte là où la loi du 20 février 1939 l'impose.
Enfin, la facture arrive souvent des années plus tard, à la vente. Le Code flamand oblige celui qui rédige un compromis à mentionner si un permis a été délivré pour le bien et, le cas échéant, les mesures de réparation imposées ou les procédures pendantes. Une véranda posée sans permis il y a seize ans n'est pas une vieille histoire : c'est une ligne dans le compromis, et une raison pour un acheteur de renoncer ou de revoir son prix. Sur ce qu'un acte d'achat déclenche par ailleurs en matière énergétique, voyez l'article consacré à l'obligation de rénovation et celui sur le certificat PEB.
Par chantier : où trouver la réponse pour vos travaux
La question du permis se pose sur un chantier précis, et le budget suit. Voici les travaux qui la soulèvent le plus souvent, avec le guide de prix en regard.
- Véranda ou extension — dispensée en Wallonie sous la rubrique C.1 jusqu'à 40,00 m², soumise à permis en Flandre depuis le 1er mars 2026, et à Bruxelles parmi les infractions les plus constatées. Budget : véranda et extension.
- Panneaux solaires — « bâtiment existant » en Wallonie, visibilité depuis l'espace public à Bruxelles, pan de toiture en Flandre. Budget : prix des panneaux solaires.
- Piscine — rubriques H.1 et H.2 en Wallonie, zone de cours et jardins à Bruxelles, les 80 m² de revêtements en Flandre. Budget : piscine enterrée.
- Façade et isolation par l'extérieur — 0,30 m d'accroissement en Wallonie, façade avant et bien protégé à Bruxelles, 26 cm en Flandre. Budget : ravalement de façade.
- Châssis — dispensés en Wallonie s'ils visent les normes énergétiques, dispensés à Bruxelles si les formes initiales sont maintenues. Budget : châssis alu ou PVC.
- Toiture — l'entretien sans remplacement de la charpente est dispensé ; les travaux de stabilité ne le sont pas. Budget : rénovation de toiture.
Demandez des devis pour vos travaux
Décrivez votre chantier une seule fois et recevez des devis d'artisans de votre région, qui connaissent la procédure locale.
Faut-il un permis d'urbanisme pour une véranda ?
Cela dépend de la Région, et désormais aussi de la date. En Wallonie, la rubrique C.1 de l'article R.IV.1-1 du CoDT exonère une véranda de permis si elle remplit toutes les conditions : une seule par propriété, en contiguïté et à l'arrière du bâtiment, à 2,00 m minimum de la limite mitoyenne, 40,00 m² maximum, sans étage, 3,00 m sous corniche et 5,00 m au faîte, en structure légère majoritairement vitrée. En Flandre, une extension de ce type est soumise à permis : « Sinds 1 maart 2026 is de meldingsplicht voor deze werken afgeschaft », la déclaration a été supprimée et un permis est requis. À Bruxelles, l'extension d'un immeuble par la construction d'une véranda figure parmi les infractions urbanistiques les plus fréquemment constatées : renseignez-vous auprès de la commune avant de commander.
Puis-je poser des panneaux solaires sans permis ?
En Wallonie, la rubrique L.1 exonère les modules de production d'électricité ou de chaleur d'origine solaire intégrés dans ou placés sur un bâtiment existant, en façade ou en toiture, ainsi que le stockage associé situé sur la même propriété. À Bruxelles, la dispense s'applique aux panneaux capteurs solaires ou photovoltaïques non visibles depuis l'espace public. En Flandre, la dispense couvre la toiture plate jusqu'à 1 mètre au-dessus du bord, l'intégration dans ou sur un pan de toiture incliné, la façade jusqu'à quatre mètres carrés au total par façade, et le garde-corps de balcon. Trois Régions, trois critères différents.
Combien de temps faut-il pour obtenir une décision ?
La Wallonie annonce un délai d'obtention de 30 à 115 jours selon la procédure, à compter du moment où votre demande est déclarée complète. À Bruxelles, le délai de décision du collège est de 75 jours sans intervention du fonctionnaire délégué ni mesures particulières de publicité, 90 jours avec l'une des deux et 160 jours avec les deux, chacun prolongé de 30 jours lorsqu'il expire durant les vacances d'été ; il court à compter de l'accusé de réception du dossier complet, ou du 46ème jour si aucun accusé n'a été envoyé dans les 45 jours. La Flandre annonce une décision dans les trois à six mois selon qu'il y a ou non enquête publique, en précisant que ces délais sont indicatifs et non contraignants.
Ai-je besoin d'un architecte si je dois demander un permis ?
Pas nécessairement : ce sont deux questions distinctes. En Wallonie, le CoDT liste séparément les actes exonérés de permis, ceux d'impact limité et ceux qui ne requièrent pas l'intervention obligatoire d'un architecte. En Flandre, l'architecte est en principe requis dès qu'un permis ou une déclaration est nécessaire, mais la Région liste des exceptions : transformations intérieures sans problème de construction ni modification de la stabilité, travaux sur les faces extérieures d'un bâtiment autorisé sans modification des fondations, création ou condamnation de baies, pose de fenêtres de toit et de panneaux solaires dans le pan de toiture ou sur toiture plate, et lucarnes sur un quart maximum de la surface de toiture. La Flandre publie d'ailleurs l'exemple d'une véranda de 36 m² qui ne requiert pas d'architecte mais bien un permis.
Ma commune dit autre chose que cette page. Qui a raison ?
La commune. Les trois autorités régionales le répètent explicitement : leurs pages contiennent des informations générales et les règles locales peuvent être plus strictes. La Wallonie indique que les guides communaux d'urbanisme peuvent imposer un permis, et demande de confirmer auprès de la commune même si vous pensez de bonne foi ne pas avoir besoin d'autorisation. À Bruxelles, les dispenses ne jouent qu'à condition de ne pas être contraires au PPAS, au RRU ou au RCU. En Flandre, la commune peut rendre une dispense régionale soumise à déclaration ou à permis. Adressez-vous toujours au service de l'urbanisme de la commune où se situe le bien.
Que risque-t-on en construisant sans permis ?
À Bruxelles, les infractions de l'article 300 du CoBAT sont des infractions pénales (article 306) et le tribunal correctionnel peut ordonner la remise des lieux dans leur état antérieur, des travaux d'aménagement ou le paiement de la plus-value acquise par le bien (article 307) ; le paiement d'une amende administrative ne régularise pas la situation. En Flandre, l'article 6.2.1 du Vlaamse Codex Ruimtelijke Ordening prévoit un emprisonnement de huit jours à cinq ans et une amende de 26 euros à 400.000 euros, ou l'une de ces peines seulement, et une amende administrative alternative de 50 euros à 2.000.000 d'euros en cas de poursuite administrative. La sanction la plus lourde n'est donc pas financière : c'est la démolition.
Sources
- Demander un permis d'urbanisme — wallonie.be (consulté le 18-09-2026)
- Arrêté du Gouvernement wallon du 10 avril 2025 remplaçant l'article R.IV.1-1 du CoDT — SPW Territoire (consulté le 18-09-2026)
- Actes et travaux soumis à permis d'urbanisme — SPW Territoire (consulté le 18-09-2026)
- Actes et travaux dispensés de permis d'urbanisme — urban.brussels (consulté le 18-09-2026)
- Délais de traitement du dossier — urban.brussels (consulté le 18-09-2026)
- Les infractions urbanistiques — urban.brussels (consulté le 18-09-2026)
- Stedenbouwkundige handelingen — vlaanderen.be (consulté le 18-09-2026)
- Vlaamse Codex Ruimtelijke Ordening, articles 6.2.1 et 6.2.2 — codex.vlaanderen.be (consulté le 18-09-2026)



